Sauver une coque carbone déchirée ?

Ca arrive même aux meilleurs de casser son bateau

Un collègue n’a pas trouvé mieux que de tomber en panne de radio ce jour la.
Clapot, vent établi à 20nd avec rafales à 30, c’était pas le jour pour perdre son bateau.

Le sauvetage a été fatal au Uno qui n’a pas apprécié de se retrouver entre le boudin du Zodiac et la jetée…

Alors il n’y a pas 50 solutions:
A: Il recommande une coque ?
B: Perdu pour perdu, on tente de réparer ?
On choisi B bien entendu, ce en mode bricoleur car on est pas des as de la stratification carbone/époxy non plus…
Le proprio qui a deux mains gauches me confie son bébé malade et histoire que ça puisse éventuellement en aider certains, je fais quelques photos de l’opération et vous partage tout ça.

Le matériel

Je prépare les quelques outils et matières premières qui seront nécessaires.
Une Dremel pour les découpes et quelques ponçages.
De la résine époxy, je me suis dépanné avec de la Sader prise progressive 2 heures, pas le top mais bon…
Quelques bouts de mat et silium tirés d’un tiroir.
Une ampoule 12 V au bout d’un fil pour le chauffage
Un peu de plastic pour faciliter l’adhésion de la strat.
Quelques bricoles tirées de la caisse à outil

Accéder aux parties à réparer

Le dessous a pris cher aussi, alors il va falloir pratiquer un accès pour travailler.

La Dremel entre en jeu pour réaliser de quoi travailler.
Ca devrait pas trop influer sur la rigidité, enfin, on verra plus tard…

Préparer les zones déchirées

Je commence par “réduire les fractures” en rapprochant au mieux les bords déchirés et en les pointant avec de la cyano. Ce avant leurs réparations proprement dite.
La, j’ai utilisé des pinces mais aussi scotch, ficelle etc.

Les réparations

Ensuite, déchirure après déchirure, toujours à peu près la même méthode avec des variantes.
Un peu de résine époxy, du mat ou directement du rooving en mode pré-imprégné ou pas.
J’essaie à chaque fois de bien appliquer ces derniers à l’aide d’un bout de plastic qui servira de “moule”, un bout de mousse pour appuyer.
L’idéal serait de faire ça à vide mais je reste en mode bricolo.

J’ai même tenté l’utilisation de mousse qui n’a pas si mal tenu que ça alors que pas du tout prévue pour l’époxy.

Un vieux stock de mousse pour parquet qui ne résiste pas aux solvants mais bon, encore une fois, c’est le mode bricolo.

La polymérisation

A chaque emplâtre (sur cette photo les renforts de l’ouverture bien fragile), je mets la coque sous cloche plastique, avec une ampoule dedans pour que ça polymérise à chaud à env 40/50 °. Ca permettra peut être de minimiser l’effet “mémoire” de la résine qui pourrait se ramollir la coque au soleil plus tard.

Les vérifications et tests

Je vous fait grâce des ponçages, coups de Dremel, quelques reprises car c’était pas toujours comme je souhaitais.
Enfin on en arrive au test d’étanchéité, le plus simple que j’ai trouvé c’est de remplir la coque comme lors de recherches de fuite..

Bien m’en a pris. Aucun rapport avec les dégâts réparés, ce Uno avait des soucis au niveau du puits de dérive.
Le tissus était à vif ça manquait un peu de résine.
Pas assez de place pour en rajouter, j’ai juste fait glissé un peu de cyano et des petits emplâtres par l’intérieur.

Le bilan

Coque pesée avant et après réparation, moins de 8 gr supplémentaires, il ne fallait pas s’en priver. Un cache misère avec un sticker à l’étrave a permis de maquiller une des réparation sans avoir à enduire/poncer/peindre (le poids est l’ennemi)
Le bateau navigue depuis plusieurs mois depuis ces réparations, ne fait plus d’eau au grand bonheur de son propriétaire. Il a juste un sticker de plus sur le pont :o)

J’espère que cette petite page vous permettra d’en faire de même au cas ou …
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Marc R

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